Boeing MQ-28 Ghost Bat : histoire, capacités et essais du drone de combat australien
Le Boeing MQ-28 Ghost Bat est le premier avion de combat conçu en Australie depuis plus de 50 ans.
- Programme souverain porté par Boeing Australie.
- Production réalisée uniquement sur sol australien.
- Mise en service opérationnelle RAAF prévue en 2028.
- 6 appareils Block 2 commandés, Block 3 en développement.
- Premier tir réel d’un AIM-120 AMRAAM le 8 décembre 2025.
- Investissement australien supplémentaire de 1,4 milliard AUD.
Développement du Boeing MQ-28 Ghost Bat
Le MQ-28 Ghost Bat est le premier avion de combat conçu en Australie depuis plus de 50 ans. Ce programme entièrement souverain est porté par Boeing Australie, avec une production réalisée uniquement sur le sol australien.
Cette approche locale distingue le Ghost Bat de la plupart des drones de combat occidentaux, souvent issus de programmes multinationaux. L’Australie conserve ainsi la maîtrise de la conception, de l’industrialisation et des évolutions futures de son appareil.
Le projet a franchi plusieurs étapes clés, de la simple maquette jusqu’au prototype volant. Chacune a validé une brique technique supplémentaire avant de passer à la suivante.
- Maquette au salon d’Avalon : présentation d’une maquette grandeur réelle
- Mise sous tension des systèmes : première étape d’intégration, mars 2020
- Rollout du prototype : déploiement par Boeing Australie, mai 2020
- Premier essai moteur : mise en route du Williams FJ44, septembre 2020
- Baptême MQ-28A Ghost Bat : nom officiel dévoilé en mars 2022
Entre le rollout et les premiers roulages à basse vitesse, l’appareil a enchaîné les tests au sol. Le baptême officiel MQ-28A Ghost Bat s’est tenu sur la base RAAF Amberley, en présence des autorités australiennes.
La mise en service opérationnelle avec la RAAF est planifiée pour 2028. Le programme est déjà passé au stade des commandes de série : 6 appareils Block 2 ont été commandés, tandis qu’un prototype amélioré Block 3 est en développement.
Actualité et essais récents du Ghost Bat

Premier tir réel AIM-120 AMRAAM
Le 8 décembre 2025, le Boeing MQ-28 Ghost Bat a franchi une étape décisive en réalisant le premier tir réel d’un missile AIM-120 AMRAAM depuis un drone sans équipage. Lors de cet essai, l’appareil a détruit une cible Phoenix, confirmant sa capacité à engager une cible aérienne de manière autonome dans un scénario réaliste.
Cette démonstration a impliqué un E-7A Wedgetail et un F/A-18F Super Hornet en tant qu’avions parents, illustrant concrètement le rôle de loyal wingman du Ghost Bat. Le drone a reçu les données de ciblage via ces plateformes, puis a effectué le tir sans intervention humaine directe sur l’arme.
Il s’agit d’une première mondiale : jamais un drone sans équipage n’avait tiré un AIM-120 en conditions réelles. Cette réussite positionne Boeing et la RAAF à l’avant-garde du combat collaboratif entre aéronefs habités et non habités.
Investissement australien et nouvelles commandes
Le 9 décembre 2025, au lendemain de ce tir historique, le gouvernement australien a annoncé un investissement supplémentaire de 1,4 milliard AUD pour accélérer le programme MQ-28 Ghost Bat. Cette enveloppe vise à financer la production et le développement de nouvelles versions de l’appareil.
Cette annonce s’accompagne de commandes concrètes :
- 1,4 milliard AUD investis par l’Australie pour le programme
- 6 appareils Block 2 supplémentaires commandés
- Prototype Block 3 en cours de développement
Le standard Block 2 doit intégrer les retours d’expérience des essais récents, tandis que le Block 3 préfigure une version encore plus capacitaire. Ce financement confirme l’ambition australienne de disposer d’une flotte opérationnelle de MQ-28 avant la mise en service prévue avec la RAAF en 2028.
Capacités et rôle opérationnel du MQ-28
Le MQ-28 Ghost Bat est un drone de combat conçu pour agir comme un loyal wingman, un ailier fidèle qui vole aux côtés d’avions pilotés. Contrôlé depuis un avion parent comme le F-35A, le F/A-18F ou l’E-7A Wedgetail, il peut être envoyé en éclaireur là où envoyer un pilote serait trop risqué. Son intelligence artificielle embarquée lui permet d’enchaîner les missions sans guidage constant.
Son vrai atout réside dans sa soute modulaire : le nez entier se remplace rapidement, ce qui transforme l’appareil en quelques heures selon la mission. Combat, reconnaissance, surveillance ou guerre électronique, le Ghost Bat s’adapte à la demande. C’est ce qui en fait un multiplicateur de force pour les forces de défense.
Son nom fait référence à la chauve-souris fantôme australienne, un animal qui chasse en meute. Le drone applique la même logique : plusieurs MQ-28 peuvent opérer ensemble, coordonner leurs capteurs et saturer les défenses adverses, pendant que les avions pilotés restent en retrait.
À découvrir aussi
Le MQ-28 chasse en meute, comme d’autres appareils sans pilote aux rôles bien distincts. À l’opposé, le Black Hornet 3, long de 16 cm, illustre la miniaturisation extrême.
Enfin, côté européen, l’AAROK se distingue par ses 22 mètres d’envergure, un record pour un sans pilote conçu en France.
Spécifications techniques du MQ-28 Ghost Bat
| Caractéristique | Valeur MQ-28A | Source |
|---|---|---|
| Longueur | 11,7 m | Air International |
| Envergure | 7,3 m | Air International |
| Motorisation | 1 × Williams FJ44 | Air International |
| Vitesse maximale | 1 080 km/h (Mach 0,9) | Air International |
| Rayon d’action | 3 700 km | Air International |
| Mise en service prévue | 2028 | RAAF |
Le MQ-28A Ghost Bat affiche un profil de vol pensé pour accompagner des chasseurs habités sans les ralentir. Sa vitesse maximale de 1 080 km/h, soit Mach 0,9, le place dans la même enveloppe qu’un F/A-18F ou un F-35A en configuration de croisière, ce qui lui permet de tenir sa position dans une formation sans compromettre la manœuvre.
Avec 11,7 m de longueur et 7,3 m d’envergure, il reste compact pour un appareil de combat, ce qui facilite son emport, son stockage et son déploiement depuis des bases avancées. Le rayon d’action de 3 700 km lui donne une allonge adaptée aux missions longue durée du bassin Indo-Pacifique, une zone où les distances entre bases et zones d’opération sont considérables.
Une motorisation éprouvée
Le drone embarque un unique réacteur Williams FJ44, un turboréacteur civil largement répandu dans l’aviation d’affaires. Ce choix réduit les coûts, simplifie la maintenance et garantit une disponibilité élevée, un point clé pour un appareil destiné à voler en nombre aux côtés d’avions pilotés.
Un engagement opérationnel à horizon 2028
La Royal Australian Air Force prévoit une mise en service opérationnelle du Ghost Bat à l’horizon 2028. D’ici là, les essais en vol et les démonstrations de combat menées avec des E-7A Wedgetail et des F/A-18F permettront de valider l’intégration du drone dans une formation mixte, avant son entrée en service active.
Déploiements et premières opérationnelles du MQ-28
Le MQ-28 Ghost Bat n’est pas encore un appareil pleinement opérationnel, mais son calendrier de mise en service se précise. Les essais au sol ont jalonné sa maturation avant les vols d’essai, et la Royal Australian Air Force prépare son intégration dans ses escadrons de combat.
- Roulages à basse vitesse : menés sur une base aérienne de la RAAF pour valider la motricité au sol.
- Démonstration de combat : prévue par Boeing avec le E-7A Wedgetail et le F/A-18F Super Hornet.
- Service opérationnel RAAF : entrée en service planifiée pour 2028.
- Opérateurs intéressés : USAF, US Navy et Royal Air Force suivent le programme de près.
Une mise en service progressive au sein de la RAAF
La Royal Australian Air Force reste l’opérateur de lancement du programme. L’appareil doit atteindre sa pleine capacité opérationnelle à l’horizon 2028, après une phase de tests poussée incluant tirs réels et vols en formation avec des avions habités.
D’ici là, les Block 2 commandés et le prototype Block 3 serviront à affiner les tactiques de combat collaboratif. Le MQ-28 sera alors intégré comme ailier des F-35A, F/A-18F et E-7A.
Un intérêt international marqué
L’US Air Force et l’US Navy observent le Ghost Bat comme un banc d’essai pour leur propre programme CCA (Collaborative Combat Aircraft). La Royal Air Force britannique manifeste également un intérêt pour cette approche de drone furtif abordable et modulaire.
Cet engouement international confirme le positionnement du MQ-28 comme multiplicateur de force exportable, avec une production souveraine australienne et des perspectives de coopération avec les alliés.
FAQ sur le Boeing MQ-28 Ghost Bat
Quel moteur équipe le Boeing MQ-28 Ghost Bat
Le MQ-28 Ghost Bat est propulsé par un turboréacteur Williams FJ44, un petit réacteur civil détourné de son usage initial. Ce moteur léger et fiable offre un bon rapport poussée sur poids et a permis à Boeing Australia de limiter les coûts de développement.
Le MQ-28 Ghost Bat est-il déjà opérationnel
Non, le MQ-28 Ghost Bat n’est pas encore pleinement opérationnel. Il reste en phase de développement et d’essais, avec un premier escadron prévu vers 2028 et une entrée en service dans la Royal Australian Air Force autour de 2030.
Quelle est l’autonomie du MQ-28 Ghost Bat
Le MQ-28 Ghost Bat affiche une autonomie d’environ 3 700 kilomètres avec un rayon d’action de plus de 2 000 kilomètres. Elle lui permet d’escorter des chasseurs, de mener des missions de reconnaissance ou de frappe aux côtés d’appareils habités.
Quelles armes peut emporter le MQ-28 Ghost Bat
Le MQ-28 Ghost Bat peut emporter des missiles air-air AIM-120 AMRAAM ou AIM-9X Sidewinder, ainsi que des munitions guidées air-sol comme les SDB et JDAM. Sa soute ventrale modulaire absorbe différentes charges selon la mission.
