Le drone Turgis et Gaillard AAROK : fiche technique, missions et production de masse

L’AAROK est le plus grand drone MALE conçu en France par Turgis et Gaillard.

  • 22 mètres d’envergure : record national pour un sans pilote.
  • Masse maximale au décollage de 5,5 tonnes.
  • Endurance de 24 à 30 heures selon la charge.
  • Emport de 3 tonnes : carburant, armement, équipements.
  • 6 points d’emport pour AASM et AKERON MP.
  • Décollage sur piste sommaire en 400 à 600 mètres.

Caractéristiques techniques du drone AAROK : dimensions, capteurs et armement

Caractéristique Valeur AAROK Détail technique
Masse maximale au décollage 5,5 tonnes Masse à vide de 2,5 tonnes
Capacité d’emport 3 tonnes Carburant, armement et équipements
Envergure 22 mètres Record en France pour un sans pilote
Propulsion 1 200 chevaux Turbopropulseur PT6 à 5 pales
Durée de vol De 24 à 30 heures Selon la charge embarquée
Décollage terrain sommaire 400 à 600 m Piste non préparée
Points d’emport 6 points Configuration d’armement modulaire
Charge de munitions 1,5 tonne Bombes AASM, missiles AKERON MP

Une plateforme MALE aux dimensions hors norme

Avec 22 mètres d’envergure, l’AAROK s’impose comme le plus grand appareil sans pilote conçu en France. Sa masse maximale au décollage atteint 5,5 tonnes, dont 2,5 tonnes à vide. Il reste ainsi 3 tonnes disponibles pour le carburant, l’armement et les équipements. Sa turbine de 1 200 chevaux, un turbopropulseur PT6 à 5 pales, lui confère une endurance remarquable de 24 à 30 heures de vol.

Autre atout opérationnel : sa capacité à décoller sur un terrain sommaire en seulement 400 à 600 mètres. Cette rusticité permet de l’engager depuis des pistes non préparées, loin des bases aéroportuaires classiques.

Capteurs et armement : une polyvalence assumée

Côté renseignement, l’AAROK embarque des boules optroniques Euroflir 410 ou 610 et un radar AirMaster S. Ces capteurs couvrent plusieurs dizaines de milliers de km², pour des missions de surveillance maritime ou terrestre.

Côté frappe, la configuration d’armement repose sur 6 points d’emport. Il peut transporter jusqu’à 4 bombes AASM de 250 kg, ou 2 missiles antichars Hellfire ou AKERON MP, avec une capacité totale de munitions de 1,5 tonne.

Conception et historique du programme AAROK

turgis et gaillard drone

Le développement de l’AAROK a été lancé en juin 2020 par Turgis et Gaillard, une entreprise française forte de plus de 20 ans d’expérience dans les drones. Le programme a bénéficié du soutien de la DGA, qui a accompagné sa maturation technique jusqu’à la phase de tests.

Pour concevoir cet appareil, l’industriel s’est appuyé sur des briques technologiques européennes déjà qualifiées, ce qui réduit les risques et accélère les délais. L’assemblage du prototype s’est déroulé sur l’aérodrome de Blois-Le Breuil, où les premières vérifications au sol ont été menées.

Avec ses 22 mètres d’envergure, l’AAROK est présenté comme le plus grand appareil sans pilote conçu en France. Ce positionnement illustre l’ambition du programme : doter le pays d’un drone MALE souverain, capable de répondre aux besoins nationaux comme aux marchés export.

Partenariat Renault et production de masse du AAROK

Rôle de Renault et des sites du Mans et de Cléon

Pour transformer un prototype prometteur en appareil produit en série, Turgis & Gaillard s’appuie sur un partenaire industriel de poids : Renault. L’idée directrice est simple : un drone MALE doit pouvoir être fabriqué vite, en grand nombre et à coût maîtrisé. Les usines du Mans et de Cléon, historiquement dédiées à l’automobile, sont ainsi reconverties pour accueillir des chaînes de production adaptées à l’aéronautique de défense.

L’industriel a formalisé cette approche avec la validation de quatre principes d’engagement, autrement dit un cadre de travail clair entre l’avionneur et le constructeur automobile. La logique repose sur des méthodes venues du secteur automobile : lignes cadencées, standardisation des pièces et industrialisation dès la conception.

Projet Chorus : munition téléopérée produite en masse

Au cœur de cette montée en cadence, le projet Chorus vise une munition téléopérée destinée à être produite par plusieurs centaines d’unités par mois. Ce volume traduit une ambition industrielle rare dans le secteur, où la quantité devient elle-même un argument opérationnel.

  • Production visée : plusieurs centaines d’unités par mois
  • Contrat ferme DGA : 35 millions d’euros de R&D et première série
  • Accord-cadre décennal : jusqu’à 1 milliard d’euros après succès des tests
  • Reconversion des usines : sites Renault du Mans et de Cléon mobilisés

Cette structuration en deux temps, un contrat ferme de 35 millions d’euros puis un cadre décennal pouvant atteindre 1 milliard d’euros, sécurise la montée en puissance et rassure les partenaires industriels engagés dans le programme.

Missions du drone MALE AAROK : ISR et appui haute intensité

Le drone AAROK ne se contente pas de voler longtemps. Il a été pensé pour enchaîner des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) sur de très vastes zones, tout en restant capable de basculer rapidement vers des frappes de haute intensité. Cette double compétence, portée par une durée de vol de 24 à 30 heures et une charge utile de 3 tonnes, le place dans une catégorie hybride entre le drone de surveillance pur et l’avion de combat sans pilote.

  • Renseignement et surveillance (ISR) : capteurs optroniques et radar pour la reconnaissance continue.
  • Couverture de milliers de km² : un seul appareil peut patrouiller sur plusieurs dizaines de milliers de km² par vol.
  • Surveillance ZEE et indo-Pacifique : suivi des zones économiques exclusives et des espaces maritimes stratégiques.
  • Appui aux frappes haute intensité : 6 points d’emport pour 4 bombes AASM de 250 kg ou 2 missiles antichars Hellfire ou AKERON MP.
  • Rustique et bon marché : décollage en 400 à 600 m sur terrain sommaire, coût d’usage maîtrisé pour un emploi en nombre.

Cette polyvalence repose sur une optique multidomaines assumée : l’AAROK est rustique, peu coûteux et conçu pour être déployé en quantité, y compris dans des environnements où les drones de très haute technologie sont jugés trop précieux ou trop complexes à soutenir.

Version dérivée du drone AAROK pour l’Ukraine

Face aux besoins urgents des théâtres modernes, Turgis & Gaillard a noué un accord avec Antonov pour développer une version dérivée du AAROK. L’objectif est de proposer un appareil consommable, de taille réduite, pensé pour des frappes précises contre des cibles mobiles.

Cette variante conserve l’ADN du drone MALE : rusticité, coût maîtrisé et production en quantité. Elle se destine aux conflits de haute intensité où l’attrition impose des volumes importants d’aéronefs sans pilote.

À découvrir aussi

Le drone AAROK n’est pas le seul à faire voler des engins dans le ciel français : à Tours, un spectacle de drones lumineux remplace le feu d’artifice traditionnel au parc de la Gloriette, avec 25 000 spectateurs attendus. Un autre usage, festif celui-là, de la même technologie.

Sa portée étendue répond directement aux exigences des théâtres modernes type Ukraine, où les lignes de front s’étirent sur des centaines de kilomètres. Le partenariat avec Antonov vise aussi une industrialisation locale, gage de réactivité et de soutien durable.