Réglementation des drones en France : le guide complet 2025
La réglementation des drones en France repose sur 3 catégories européennes : Ouverte, Spécifique, Certifiée.
- Catégorie Ouverte pour le loisir à faible risque.
- Catégorie Spécifique avec scénarios STS-01 et STS-02.
- Catégorie Certifiée pour le transport de charges.
- Sous-catégories A1, A2, A3 selon la masse du drone.
- Hauteur limite : 120 mètres maximum au-dessus du sol.
- Sanctions : amendes de 15 000 € à 75 000 €.
Catégories de drones et règles de vol : le cadre européen
| Catégorie | Niveau de risque | Exemple d’usage |
|---|---|---|
| Ouverte | Faible | Loisir, photo |
| Spécifique | Modéré | Inspection, agricole |
| Certifiée | Élevé | Transport de charges |
Les 3 catégories de vol européennes (Ouverte, Spécifique, Certifiée)
La réglementation européenne classe l’ensemble des opérations de drone dans trois catégories distinctes. La catégorie Ouverte regroupe les vols à faible risque, principalement le loisir et la photographie, où le pilote respecte des limites strictes sans autorisation préalable. La catégorie Spécifique concerne les opérations à risque modéré, encadrées par des scénarios types STS-01 (vols à vue en zone peuplée) et STS-02 (vols hors vue en zone contrôlée), qui nécessitent une autorisation de l’autorité nationale.
La catégorie Certifiée s’applique aux opérations à haut risque, comme le transport de personnes ou de marchandises, à l’image de la livraison par drone qui se déploie en zones rurales, avec des exigences comparables à l’aviation habitée : certificat de navigabilité et pilote breveté. Le choix de la catégorie dépend de trois critères : la masse du drone, l’usage (loisir ou professionnel) et la zone de vol (peuplée ou isolée).
Sous-catégories de la catégorie Ouverte : A1, A2, A3
La catégorie Ouverte se décline en trois sous-catégories qui conditionnent la distance de vol par rapport aux personnes.
– A1 : drones de moins de 250 grammes, survol de personnes possible.
– A2 : drones intermédiaires, vol à distance de sécurité des personnes.
– A3 : drones jusqu’à 25 kg, vol loin des zones peuplées.
Depuis janvier, les anciens scénarios nationaux S1 à S3 sont abrogés : la conformité aux classes européennes (C0 à C4) est désormais la seule voie pour voler en catégorie Ouverte. Les règles de hauteur s’appliquent à tous : 120 mètres maximum au-dessus du sol, et moins de 50 mètres à proximité des aérodromes. Le non-respect de ces distances expose à des sanctions pénales, avec des peines allant de 1 à 6 mois d’emprisonnement et des amendes de 15 000 € à 75 000 €.
Enregistrement de son drone : démarches et obligations

Cette évolution réglementaire s’inscrit dans un contexte plus large de montée en puissance des drones militaires, comme le drone naval français qui étend la surveillance en mer.
Avant de faire voler votre appareil, une étape administrative est souvent obligatoire : l’enregistrement. Cette procédure, spécifique à chaque exploitant, est cruciale pour garantir la traçabilité des vols et la sécurité de tous. La bonne nouvelle, c’est que la démarche est entièrement dématérialisée et gratuite, via le portail officiel AlphaTango.
Pour savoir si vous êtes concerné, la règle est simple : tout drone équipé d’une caméra, quelle que soit sa masse, et tout drone sans caméra dont le poids dépasse 250 grammes doit être enregistré. Cette obligation distingue clairement le seuil pour l’exploitant (la personne qui pilote) de celui pour l’appareil lui-même.
- Seuil d’enregistrement : caméra ou poids supérieur à 250 grammes pour l’exploitant.
- Enregistrement gratuit : démarche en ligne via le portail AlphaTango.
- Numéro d’exploitant UAS : délivré après enregistrement, il est personnel et unique.
- Apposition du numéro : obligation de le coller sur le drone et la télécommande.
- Signalement électronique : obligatoire pour les drones de plus de 800 grammes.
Distinguer l’exploitant et l’appareil
Il est essentiel de comprendre la différence entre les deux seuils de masse. L’enregistrement de l’exploitant UAS, valable pour toutes vos machines, est requis dès que le drone pèse plus de 250 grammes ou s’il est équipé d’un capteur d’image. En revanche, le marquage électronique et l’enregistrement individuel de la cellule ne concernent que les modèles plus lourds, ceux qui dépassent les 800 grammes.
Après validation de votre dossier sur AlphaTango, vous recevez un numéro d’exploitant UAS unique. Ce numéro doit être apposé de manière visible sur votre matériel. Pour les appareils de plus de 800 grammes, un système de signalement électronique (type Remote ID) doit en plus être actif pour transmettre votre position en temps réel. Cette mesure renforce la sécurité et la responsabilité de chaque pilote.
Formation et certifications : les prérequis pour piloter
Formation de base pour la catégorie Ouverte (A1/A3)
Avant de faire décoller votre drone, une formation en ligne gratuite est obligatoire. Elle s’adresse à tous les télépilotes, même occasionnels, et couvre les règles de sécurité, la gestion des zones interdites et les bons réflexes en vol. Cette formation se conclut par un QCM de validation qu’il faut réussir pour obtenir une attestation.
- Seuil déclencheur : drone avec caméra ou pesant plus de 250 grammes
- Certification : obtenue par QCM validé en ligne
- Attestation : à conserver sur soi en permanence
- Validité : sans limite dans le temps
Cette attestation est indispensable pour piloter en sous-catégories A1 (survol léger de personnes) et A3 (vol hors agglomération). Elle ne nécessite aucun prérequis et peut être passée à tout moment, sans limite d’âge spécifique.
Certificat CATS pour la catégorie Spécifique
Pour les opérations à risque modéré, la catégorie Spécifique impose un niveau de compétence supérieur. Le certificat d’aptitude théorique de télépilote (CATS) est obligatoire depuis janvier 2024. Il se prépare et se passe soit en ligne, soit dans un centre agréé, et valide une connaissance approfondie de la réglementation européenne et des procédures d’urgence.
Contrairement à la formation de base, le CATS s’adresse aux professionnels et aux opérateurs qui réalisent des vols en scénarios STS-01 ou STS-02, ou qui souhaitent obtenir une autorisation spécifique. Il ne remplace pas la formation A1/A3 : il la complète et exige une maîtrise technique plus poussée. En cas de non-présentation du certificat lors d’un contrôle, les sanctions peuvent atteindre 15 000 € d’amende.
Règles de pilotage : sécurité, hauteur et zones interdites
| Règle de vol | Limite autorisée | Sanction en cas de non-respect |
|---|---|---|
| Hauteur de vol | 120 mètres au-dessus du sol | Jusqu’à 15 000 € d’amende |
| Proximité des aérodromes | 5 à 10 km de distance minimale | 75 000 € d’amende et 6 mois de prison |
| Hauteur près des aérodromes | 50 mètres maximum | Mêmes sanctions que la violation d’espace aérien |
| Vol de nuit | Interdit, même avec éclairage | Amende forfaitaire de 135 € |
| Survol de personnes | Interdit en catégorie Ouverte | Jusqu’à 1 an de prison et 45 000 € d’amende |
| Vol hors vue (BVLOS) | Interdit en catégorie Ouverte | Amende de 1 500 € minimum |
Les règles de sécurité fondamentales
Au-delà des limites chiffrées, le pilotage d’un drone en catégorie Ouverte impose de garder l’appareil en vue directe en permanence et de respecter une distance de sécurité d’au moins 30 mètres vis-à-vis des tiers. Le vol de nuit est strictement encadré : la période nocturne court de 30 minutes après le coucher du soleil à 30 minutes avant son lever, et aucun vol n’est autorisé pendant cette fenêtre, même avec des dispositifs lumineux.
Le survol des rassemblements de personnes et des agglomérations est interdit, tout comme celui des sites sensibles (installations militaires, centrales nucléaires, prisons). Une violation de ces zones expose à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
Pour les vols à proximité des aérodromes, la réglementation impose une distance minimale de 5 à 10 km selon le type d’infrastructure, avec une hauteur plafonnée à 50 mètres dans les zones autorisées. Avant chaque vol, consultez la notice d’information drone éditée par la DGAC : elle détaille les 10 règles essentielles à respecter pour voler en toute légalité.
Zones réglementées et aide à la navigation (Géoportail)
Avant chaque vol, la vérification de la zone de survol est une obligation légale. Pour cela, l’outil officiel Géoportail propose une carte interactive recensant l’ensemble des restrictions en vigueur. Vous y trouverez notamment les périmètres d’exclusion autour des aérodromes (une distance minimale de 5 à 10 km est requise) et les zones où la hauteur est limitée à 50 mètres.
Certains sites sensibles sont totalement interdits de survol : zones militaires, centrales nucléaires, prisons ou encore bases aériennes. Ces restrictions sont strictement contrôlées et leur violation expose à des sanctions administratives et pénales. Par ailleurs, consultez systématiquement les NOTAM (avis aux navigants) avant de décoller, car ils signalent les restrictions temporaires comme les entraînements militaires ou les événements spéciaux. Cette vérification rapide garantit un vol serein et conforme à la réglementation.
Marquage et identification : normes CE et classes de drone
Depuis janvier 2024, le marquage CE est obligatoire sur les drones commercialisés en Europe. Selon leur classe (de C0 à C4), ce marquage figure directement sur l’appareil ou dans sa documentation. Il détermine précisément les sous-catégories de vol autorisées (A1, A2, A3) et les conditions de survol des personnes.
Pour les drones non marqués CE (achetés avant cette date), une réglementation spécifique s’applique en catégorie Ouverte. Leur usage reste encadré par les règles de l’annexe nationale, avec des restrictions renforcées près des zones peuplées.
En complément, le numéro d’exploitant UAS délivré par AlphaTango doit être apposé de manière visible et lisible sur chaque appareil. Pour les modèles de plus de 800 grammes, un signalement électronique est aussi requis afin de faciliter leur identification en vol.
Respect de la vie privée et du droit à l’image
Un drone équipé d’une caméra n’est pas un simple jouet : il est soumis au respect de la vie privée. Il est strictement interdit de filmer des personnes sans leur consentement explicite, même dans un lieu public. Cette règle s’applique aussi aux visages, aux plaques d’immatriculation et à toute donnée permettant d’identifier un individu.
Avant chaque vol avec prise de vue, vous devez informer les personnes de la présence de l’appareil et de l’enregistrement en cours. La diffusion d’images sur les réseaux sociaux ou un site web nécessite une autorisation écrite de chaque personne identifiable. À défaut, vous vous exposez à des sanctions pénales lourdes.
En cas d’atteinte à la vie privée, les sanctions sont sévères : 1 an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Ces peines s’appliquent aussi bien aux captures non autorisées qu’à leur publication, sans aucun préavis. La vigilance est donc de mise pour tout télépilote, même amateur.
