Lutte anti-drone : systèmes, équipements et enjeux pour l’armée française

La lutte anti-drone combine détection, brouillage et neutralisation des drones hostiles.

  • BOREADES : détection et neutralisation automatisée des menaces.
  • NEROD RF : brouilleur multi-fréquentiel neutralisant les drones commerciaux.
  • Proteus : canon de 20 mm pour l’interception cinétique.
  • PARADE : système interarmées coordonnant détection et neutralisation.
  • Drones chasseurs : traquent et neutralisent les drones en vol.

Systèmes et équipements anti-drone (détection, brouillage, neutralisation)

Panorama des solutions françaises de détection et neutralisation

  • BOREADES : plus de 50 systèmes opérationnels, dotés d’une IHM intuitive pour la détection et la neutralisation automatisée des menaces.
  • BASSALT : solution intégrant détection, identification et neutralisation par brouillage au sein d’un poste de commandement unique.
  • NEROD RF : brouilleur multi-fréquentiel neutralisant les drones commerciaux en perturbant leurs liaisons de contrôle et de navigation.
  • Proteus : canon de calibre 20 mm monté sur camion TRM 2000, conçu pour l’interception cinétique des drones.
  • Serval LAD : 24 blindés en service, équipés de systèmes de lutte anti-drone embarqués pour la protection des convois et des forces mobiles.

Innovations en R&D : PARADE, MILAD et drones chasseurs de drones

  • PARADE : système interarmées en développement visant à coordonner détection et neutralisation sur des théâtres multi-menaces.
  • MILAD : solution embarquée dédiée aux forces mobiles, conçue pour assurer une protection continue lors des déplacements tactiques.
  • JEY-CUAS : projet européen ayant testé l’interopérabilité entre effecteurs en 2023, avec un budget total de 71 millions d’euros dont 43 millions financés par la Commission européenne.
  • Drones chasseurs de drones : croissance exponentielle prévue, ces systèmes autonomes traquent et neutralisent les drones en vol grâce à l’intelligence embarquée.
  • ALADDIN : projet Horizon 2020 rassemblant 18 partenaires européens pour développer des solutions de détection et neutralisation interopérables.

Lutte anti-drone militaire (armée française)

lutte anti drone

L’armée française s’équipe massivement avec 12 VAB ARLAD et 24 Serval LAD en service actif, dédiés à la lutte anti-drone. Ces systèmes embarquent des solutions de détection et de neutralisation adaptées au théâtre d’opérations.

Le canon Proteus de 20 mm monté sur camion TRM 2000 renforce cette capacité. Les unités s’entraînent au sein du « Battle Lab drones – LADA » pour anticiper les menaces émergentes et tester les doctrines d’engagement, en lien avec la filière drone normande.

Des incidents récents, comme les drones détectés à Mourmelon-le-Grand, illustrent l’urgence d’une réponse militaire robuste. La France mise sur des effecteurs multiples brouillage, cinétique, drones chasseurs pour une défense en profondeur, tandis que l’OTAN déploie le système Merops.

Protection de sites, événements et forces

La protection des sites sensibles repose sur des solutions éprouvées comme le système BOREADES, déployé à plus de 50 exemplaires opérationnels. Cette plateforme couvre la détection, l’identification, le suivi et la neutralisation automatisée des menaces aériennes.

Les configurations fixe, transportable et mobile s’adaptent aux besoins des entreprises, des organisations et des forces de sécurité, à l’image de l’inspection de chantier aérienne. Le brouilleur ERAS complète l’offre avec une capacité de neutralisation par effet thermique et ablation.

Le projet européen ALADDIN, qui réunit 18 partenaires, travaille sur des technologies de détection et neutralisation mutualisées. L’objectif est de protéger les grands événements et les infrastructures critiques face à la menace grandissante des drones.

Menace des drones et accélération

La prolifération des drones a connu une accélération brutale depuis les années 2010, transformant le champ de bataille et la sécurité civile, avec des coûts allant du drone civil haut de gamme au drone militaire stratégique. Les usages malveillants se multiplient, comme l’illustrent les incidents des 21 septembre et 2 octobre à Mourmelon-le-Grand, où des drones non identifiés ont survolé une zone militaire.

Face à cette menace, le développement des drones chasseurs de drones connaît une croissance exponentielle. Ces nouveaux effecteurs, capables d’intercepter et de neutraliser des cibles aériennes, représentent une rupture technologique majeure pour les forces armées et les sites sensibles.

La révolution des drones militaires est en marche, imposant une adaptation rapide des doctrines de défense et des équipements de lutte anti-drone. Les conflits modernes démontrent chaque jour la vulnérabilité des infrastructures face à cette menace aérienne légère et omniprésente, comme l’illustre la guerre des drones en Ukraine.

Projets et programmes R&D en lutte anti-drone

Projet Budget / Financement Objectif principal
JEY-CUAS EDIDP (2021-2023) Définir un système européen interopérable
E-CUAS 71 millions € total (43 M€ UE) Tester et évaluer des solutions européennes
ALADDIN Horizon 2020 – 18 partenaires Détection et neutralisation collaboratives
RAPTOR CS GROUP Canada Protection des services correctionnels
BOREADES CS GROUP (déploiement depuis 2015) Système anti-drone multi-environnement

L’effort de R&D en lutte anti-drone s’organise autour de grands projets collaboratifs, européens pour la plupart. Le programme JEY-CUAS (EDIDP, 2021-2023) a posé les bases d’un système européen interopérable, en définissant des standards communs de commandement et de contrôle. Il prépare le terrain pour le projet E-CUAS, doté d’un budget total de 71 millions d’euros, dont 43 millions d’euros apportés par la Commission européenne. Son objectif : tester et évaluer des solutions de détection et de neutralisation venues de toute l’Europe.

Le projet ALADDIN, financé par le programme Horizon 2020, réunit 18 partenaires européens autour d’une plateforme commune de détection et de neutralisation. Il mise sur l’échange de données en temps réel entre capteurs et effecteurs hétérogènes. De son côté, le projet RAPTOR, porté par CS GROUP Canada, adapte ces technologies au monde civil, en protégeant des infrastructures correctionnelles contre les survols non autorisés de drones.

La France reste au cœur de ces développements grâce à CS GROUP, qui conçoit et déploie le système BOREADES depuis 2015, tout en s’adaptant à la législation outre-Rhin. Ce dernier cumule 50 systèmes opérationnels déployés en France et à l’international, illustrant la maturité industrielle atteinte dans le domaine. Tous ces programmes partagent un même impératif : garantir l’interopérabilité entre matériels français et alliés, face à une menace qui évolue plus vite que jamais.

Neutralisation par brouillage

  • NEROD RF : brouillage multi-fréquentiel sans pilote
  • BASSALT : neutralisation intégrée au système C2
  • ERAS : brouilleur thermique à effet calmant
  • BOREADES : neutralisation automatisée des menaces
  • E-CUAS : test européen des solutions de brouillage

La neutralisation par brouillage est la méthode la plus répandue pour contrer les drones hostiles. Elle consiste à émettre des signaux radiofréquences puissants qui coupent la liaison entre le drone et son opérateur, provoquant son atterrissage ou son retour au point de départ. Cette approche offre l’avantage d’être non destructive, ce qui réduit les risques de dommages collatéraux sur les sites sensibles.

Le système NEROD RF illustre cette technologie en agissant sur plusieurs bandes de fréquences simultanément pour neutraliser les drones commerciaux. Sa particularité : il fonctionne sans pilote dédié, ce qui simplifie son déploiement opérationnel. De son côté, BASSALT va plus loin en intégrant directement la fonction de brouillage au sein du système de commandement et de contrôle (C2). La détection, la classification et la neutralisation sont gérées depuis une interface unique, ce qui accélère le temps de réaction face à une menace.

La solution ERAS adopte une approche radicalement différente : ce brouilleur utilise un effet thermique et par ablation pour calmer puis détruire le drone en vol. Il combine une perturbation électronique avec une action physique, ce qui le rend particulièrement efficace contre des engins qui résistent au simple brouillage radiofréquence. Quant à BOREADES, il automatise entièrement la boucle de neutralisation : une fois la menace identifiée et suivie par ses capteurs, le système déclenche lui-même le brouillage sans intervention humaine, sur plus de 50 systèmes opérationnels déjà déployés.

Enfin, le projet européen E-CUAS, doté d’un budget total de 71 millions d’euros dont 43 millions financés par la Commission européenne, sert de plateforme de test et d’évaluation pour ces solutions de brouillage. Il permet aux industriels et aux forces armées de confronter leurs technologies en conditions réelles et de définir les standards d’interopérabilité nécessaires à une défense anti-drone coordonnée à l’échelle du continent.

Interopérabilité et coordination centralisée

Face à la diversité des menaces, l’interopérabilité des systèmes est devenue cruciale. CS GROUP a développé un standard public d’interopérabilité entre le poste de commandement (C2) et les effecteurs. Ce standard facilite l’intégration de nouveaux moyens, notamment les effecteurs aéroportés comme les drones chasseurs.

La coordination centralisée permet une gestion fluide de la détection à la neutralisation. Le système BOREADES illustre cette approche avec une IHM intuitive et des alertes paramétrables. Le projet européen JEY-CUAS a également œuvré à la définition d’un système interopérable, renforçant la capacité des forces à réagir de manière cohérente face aux essaims de drones.