Vol de drone la nuit : réglementation, dérogations et équipements obligatoires

Le vol de nuit est interdit en catégorie Ouverte, mais possible via la catégorie Spécifique.

  • Interdiction totale en catégorie Ouverte, même avec éclairage.
  • Dérogation possible via le scénario national S-1.
  • Drone limité à moins de 8 kg pour le scénario S-1.
  • Hauteur de vol maximale fixée à 50 mètres.
  • Autorisation SORA via la DSAC pour les drones plus lourds.

Interdiction du vol de nuit en catégorie Ouverte

  • Interdit en catégorie Ouverte : le vol de nuit est totalement prohibé dans cette catégorie, que ce soit pour un usage loisir ou professionnel.
  • Applicable aux loisirs et pros : l’interdiction concerne tous les pilotes, sans exception. Un télépilote amateur comme un exploitant commercial doivent respecter cette règle.
  • Valable pour toute nuit aéronautique : la restriction couvre la période définie réglementairement, soit de 30 minutes après le coucher du soleil jusqu’à 30 minutes avant son lever.
  • Respect strict obligatoire : aucune tolérance n’est accordée. Voler de nuit en catégorie Ouverte expose à des sanctions pouvant aller jusqu’à une suspension de licence, voire à des sanctions en ville plus lourdes.
  • Drones techniquement capables mais réglementation : même si votre appareil est équipé d’un éclairage ou d’une caméra infrarouge, la règle prime. La capacité technique ne constitue pas un droit à voler de nuit, pas plus qu’une captation aérienne ne justifie de déroger à la règle.

Dérogations pour voler la nuit en catégorie Spécifique

drone nuit

Si la catégorie Ouverte vous interdit de voler de nuit, la catégorie Spécifique offre des solutions encadrées. Vous pouvez obtenir le droit de piloter après le coucher du soleil via deux voies principales : le scénario national S-1 ou une autorisation délivrée par la DSAC via la méthode SORA. Ces démarches sont accessibles aux pilotes qui acceptent de respecter des limites strictes, comme pour une surveillance aérienne de travaux.

Conditions pour le scénario national S-1

Le scénario S-1 est la solution la plus simple pour un télépilote souhaitant voler de nuit sans passer par une demande complexe. Il impose des contraintes claires pour garantir la sécurité :

  • Masse du drone : inférieure à 8 kg.
  • Hauteur de vol maximale : limitée à 50 mètres au-dessus du sol.
  • Scénario S-2 interdit : le vol de nuit n’est pas couvert par le scénario S-2, qui reste réservé au jour.
  • Zone de vol limitée : vous devez évoluer dans une zone dédiée, sans survol de personnes et avec une distance de sécurité renforcée.

Ce cadre permet aux pilotes de drones de moins de 8 kg de profiter de la nuit, à condition de ne pas dépasser 50 mètres d’altitude et d’éviter les zones peuplées. Le respect de ces limites est essentiel pour rester en conformité, tout comme pour un drone avec largage.

Autorisation via SORA (DSAC)

Pour des opérations nocturnes plus complexes ou avec un drone de plus de 8 kg, il faut obtenir une autorisation d’exploitation auprès de la DSAC (Direction de la sécurité de l’aviation civile). Cette demande repose sur la méthode SORA (Specific Operations Risk Assessment). Vous devez démontrer que tous les risques liés au vol de nuit sont maîtrisés : perte de contrôle en vision nocturne, collision avec un obstacle non éclairé, ou impact sur des tiers, à l’image des intercepteurs ukrainiens qui neutralisent les drones ennemis. L’éclairage obligatoire du drone est un élément clé de votre dossier, tout comme la formation spécifique du pilote. Cette voie est réservée aux professionnels ou aux projets très encadrés.

Définition de la nuit aéronautique pour le drone

Période de référence Début Fin Condition spécifique
Nuit aéronautique 30 minutes après le coucher du soleil 30 minutes avant le lever du soleil Centre du disque solaire à plus de 6 degrés sous l’horizon

La réglementation drone ne repose pas sur la simple tombée de la nuit visuelle. Elle applique une définition précise de la nuit aéronautique, identique à celle utilisée par l’aviation traditionnelle. Cette période commence 30 minutes après le coucher du soleil et se termine 30 minutes avant le lever du soleil. Le repère technique est le moment où le centre du disque solaire se trouve à plus de 6 degrés sous l’horizon.

Ce calcul peut varier légèrement selon la latitude de votre zone de vol (entre 30° et 60°), mais la règle des 30 minutes reste le repère officiel en France. Concrètement, si le soleil se couche à 18h00, la nuit aéronautique commence à 18h30 et dure jusqu’à 30 minutes avant le lever du soleil le lendemain. Un télépilote doit donc connaître les horaires de coucher et lever de soleil de sa localisation pour respecter cette fenêtre, et avoir enregistré son drone sur AlphaTango.

Éclairage obligatoire et signalement lumineux du drone

  • Obligatoire si drone > 800g : tout drone dont la masse dépasse 800 grammes doit être équipé d’un signalement lumineux visible en vol de nuit.
  • Visibilité 150 mètres hauteur : le feu doit être perçu à une distance verticale d’au moins 150 mètres au-dessus et en dessous du drone.
  • Visibilité 150 mètres rayon : la portée horizontale minimale exigée est de 150 mètres dans toutes les directions autour de l’appareil.
  • Couleurs interdites : rouge et blanc : les feux rouges et blancs sont proscrits pour éviter toute confusion avec les balises de signalisation aéronautique ou les feux de navigation d’aéronefs habités.
  • Exception aéromodélisme terrains répertoriés : les pratiquants d’aéromodélisme évoluant sur des terrains officiellement répertoriés par la fédération peuvent bénéficier d’une dispense partielle de signalement, sous réserve de respecter les règles locales.

Cette rigueur dans le respect des créneaux horaires s’applique aussi aux opérations de secours, où un drone incendie peut être déployé de nuit pour évaluer la propagation d’un feu, sous réserve des autorisations spécifiques.